Par le dessin, Catherine Desroches explore les enchevêtrements entre l'esprit, le corps et le paysage : un rapport lieu-imaginaire, où l'imaginaire est une éthique. Depuis plusieurs années, elle privilégie une approche intuitive au dessin pour témoigner d’une relation choisie avec un lieu, plus particulièrement avec l’estuaire du Saint-Laurent. Cette recherche s’inscrit dans une perspective géopoétique : elle prône la nécessité d'établir une relation sensible avec son environnement immédiat pour y saisir son rôle, en s’appuyant sur sa propre tradition, qu'elle soit héritée ou créée.
Le dessin, portant un regard humble sur le paysage, devient pour Desroches un mode d’inscription susceptible de répondre à un besoin de perspective collective plutôt qu’individuelle. À moitié dans le monde, à moitié ailleurs, sa pratique cherche, dans le frottement minéral, la trace de ce qui persiste. Ce qui relevait d’abord d’un recueillement naïf face à l’émerveillement apparaît désormais comme une tentative d'ancrer une mémoire personnelle dans une mémoire collective plus vaste, plus ancienne, à la fois politique et tellurique.
Par l’errance, la déambulation, la collecte, l’écriture, le dessin quotidien et des interactions prolongées avec un lieu choisi, son travail porte une réflexion sur le paysage, la perte, l’exil, la poésie, l’éthique environnementale et le choix de faire de l'atelier nomade un mode de vie.
Catherine Desroches partage son temps entre Tiohtià:ke / Montréal et Rimouski. Diplômée d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2024), Desroches a tenu sa première exposition solo à Pangée (Tiohtià:ke / Montréal) en 2024. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions collectives, notamment à la Galerie FOFA, à Fais-moi l’art, à l’Espace Loulou et à Pangée, ainsi que dans le cadre de foires d’art d’envergure, telles que Art Toronto (Tkaronto / Toronto), Plural (Tiohtià:ke / Montréal) et Material (CDMX).

