Ayam Yaldo s'intéresse à la mémoire comme une matière stratifiée et fragmentée, faite d'impressions et de contours flous : un souvenir ne se manifeste jamais deux fois à l’identique. Elle associe la mémoire à la figure du trou, qui à la fois révèle et dissimule.

 

La pratique itérative de Yaldo se compose de fragments de choses oubliées ramenées à la vie, s'inspirant principalement de l'imagerie d'artéfacts mésopotamiens de l'ancienne cité-état d'Uruk. Les formes qu'elle travaille émergent de divers processus de vieillissement, de fouille et de déplacement. Ses œuvres se situent quelque part entre la ruine et la reconstruction, là où la mémoire, bien qu'elle persiste, se fracture également. Elles agissent comme des tablettes historiques imprécises, ou des empreintes partiellement effacées. Tout en dialoguant avec les codes et conventions de l'archéologie pour mieux les altérer, Yaldo propose, à travers ses assemblages fragmentaires, une histoire personnelle et poétique de l'absence.

 

Ayam Yaldo est une artiste interdisciplinaire établie à Montréal. Sa pratique englobe la vidéo, la performance, la céramique, la sculpture et l'installation. Elle a obtenu son baccalauréat et sa maîtrise du département Intermedia de l'Université Concordia. Le travail de Yaldo s'inscrit dans un processus de mise au jour et de création de mondes, puisant dans la mémoire personnelle et la documentation historique pour explorer son héritage mésopotamien. Elle examine les relations complexes entre l'objet, l'artéfact et l'histoire. Yaldo est actuellement artiste en résidence à la Fonderie Darling à Montréal (2023-2026). Ses récentes expositions solo ont été présentées à la Galerie B-312 à Montréal (2025) et à la galerie Franz Kaka à Toronto (2023).